Foire aux questions

Durant les visites au laboratoire souterrain du Mont Terri, les questions posées par les visiteurs sont souvent les mêmes. Les réponses aux cinq questions les plus fréquentes sont brièvement résumées ci-après.

Carotte d’argile avec un débris de Leioceras Opalinum, une ammonite à la coquille aux reflets opalescents ayant donné le nom à l’argile.

L’argile à Opalinus est une formation rocheuse qui s’est déposée il y a quelque 174 millions d’années, dans une mer peu profonde du Jurassique. L’argile à Opalinus regorge de fossiles d’une ammonite appelée «Leioceras opalinum». Elle tire son nom des éclats bleutés et opalescents dont la coquille de l’ammonite se pare à contre-jour.

Installation d’un prototype construit sur mesure pour tester le remplissage une galerie pilote avec de la bentonite. La photo illustre la machine de remplissage et l’opérateur.

Un laboratoire souterrain offre des conditions d’essai beaucoup plus réalistes que dans le cas de recherches traditionnelles en laboratoire de surface. Toutes les expériences y sont menées grandeur nature. Elles fournissent des enseignements très importants sur la faisabilité technique et la sécurité des opérations d’enfouissement de déchets dans l’argile en couches géologiques profondes. Les laboratoires souterrains ne suffisent cependant pas pour juger de la sûreté à long terme d’un tel dépôt. Pour cela, il faut également pratiquer des observations sur des analogues naturels, des modélisations et des études de sites.

Des chercheurs allemands de l’Institut fédéral des géosciences et ressources naturelles (BGR) lors de la réalisation d’un forage dans le laboratoire souterrain du Mont Terri. L’image illustre plusieurs chercheurs et une sondeuse lors des travaux.
© KEYSTONE, Martin Ruetschi

La faisabilité du programme expérimental est d’abord évaluée grâce des calculs prévisionnels. S’il ressort de ces calculs que l’objectif de l’expérience ne peut pas être atteint par des essais traditionnels en laboratoire de surface, on choisit un emplacement dans le laboratoire souterrain pour procéder à l’expérience puis on y calcule les conditions initiales et les conditions aux limites. Ce n’est qu’après que l’on procède aux travaux de forages,  à l’instrumentation et aux mesures. Après plusieurs mois ou plusieurs années de mesures, les résultats de l’expérience sont analysés, interprétés puis comparés avec les calculs prévisionnels, et documentés dans des rapports de synthèse.

L’argile à Opalinus est composée d’une multitude de minéraux argileux ressemblant à des feuillets microscopiques. Cette géométrie particulière avec une très grande surface spécifique explique les propriétés des roches argileuses.
L’argile à Opalinus est composée d’une multitude de minéraux argileux ressemblant à des feuillets microscopiques. Cette géométrie particulière avec une très grande surface spécifique explique les propriétés des roches argileuses.
© Référence: Maartje Houben (RWTH Aachen)

L’argile à Opalinus offre des propriétés très intéressantes et prometteuses pour l’entreposage de déchets radioactifs en couches géologiques profondes: haut pouvoir de confinement, très faible perméabilité à l’eau, transport par diffusion des matières dissoutes, structure homogène, rétention des radionucléides à la surface des minéraux argileux, capacité d’auto-cicatrisation des fissures et des fractures par gonflement.